Analyse de la bulle Web 2.0

Depuis maintenant plus de 4 ans, on n’entend parler que de cela, les entreprises parlent de révolution du Net, en employant un mot aussi vague et fourre-tout que “Web 2.0″, persuadant la classe moyenne que cela est “hype”, “tendance” et que cela se prête à merveille dans nos blogs.

Après maintes réflexions, j’ai finalement trouvé une définition au terme “web 2.0″. Vague et fourre-tout, je l’ai dit. Mais il n’est finalement que la juste suite des choses, intégrant juste un peu plus d’interactivité, grâce à des technologies existantes qu’on qualifie néanmoins de “nouvelles”. Je pense entre autres à Ajax qui n’est qu’un couplage évolué de XML/Javascript. Il n’y a jamais eu de deuxième version du web, ce terme est à mon humble avis une redoutable imposture capitaliste qui consiste à fasciner l’internaute influençable appréciant les néologismes. Persuadés d’être projetés dans une vague de nouveauté et d’inconnu, les gens surfent donc sur cette vague.

 

Retour aux origines

On revoit là un peu plus les idées que Bill Clinton et Al Gore voulaient concrétiser lorsqu’ils ont voulu créer ce qu’ils appelaient « les autoroutes de l’information », terme qui s’est banalisé lorsqu’Internet a commencé à être populaire au début des années 90. Un immense réseau de partage et d’échanges de données, donnant le sentiment au pékin ordinaire l’impression d’appartenir à une idéosphère mondiale. On ne peut pas le nier, Internet est devenu un outil sensationnel.

La vague du Web 2.0 a commencé en fait à pointer le bout de son nez vers les années 2002-2003. Avant, pour faire un site web, partager ses données, il fallait maîtriser un tant soit peu la machine devant soi, qui s’appelait un “ordinateur”. Il fallait maîtriser au moins FrontPage, savoir ce qu’était un serveur FTP, un hébergeur, etc etc … résultat : ce qu’on pouvait trouver sur le web, et qui était déjà pléthorique, appartenait à une classe supérieure d’individus dont les pensées avaient au moins une certaine intelligence.

Une opportunité économique

Puis les web agencies, les starts-ups, et autres SSII ont voulu répondre à un besoin récurrent chez les clients : leur faciliter la maintenance des sites Internet qu’ils offraient. A moins de s’y connaitre en langages dynamiques, la plupart des sites étaient faits à l’arrache en HTML statique, et seules les entreprises et les webmestres cérébralement avancés avaient le privilège de dynamiser leurs pages, et de comprendre comment on pouvait ajouter du contenu à leur toile d’araignée personnelle. Il est venu un ouvrage relativement intéressant, que mon tuteur de stage de l’époque m’avait fait lire et que je me suis procuré, qui s’intitule “Gestion de Contenu Web, une approche collaborative” dans lequel on peut reconnaitre les prémices de ce Web 2.0. Les entreprises l’avaient bien compris, elles tenaient entre leurs mains une vraie mine d’or qui pourrait ressusciter la bulle malheureusement éclatée trop tôt en 2001, proposant à leurs clients un logiciel de gestion de contenu web adapté à tous les besoins. Le domaine du libre s’y est également mis, distribuant à bras perdus forums PHPBB et autres PHPNUKE, qui satisferont d’avantage les webmasters paresseux de développer leurs forums que les ignorants des langages web.

Une opportunité qui devient modèle

Ce phénomène s’est alors généralisé, sans trop faire parler de lui, hormis dans le domaine corporate, jusqu’à ce soit dépoussiérés le concept du journal intime et les listes de liens commentées, qu’on appelait weblogs. Le tout est adapté à une solution simple de gestion de contenu web. Les blogs existaient déjà dès 1997, mais le besoin d’optimiser les demandes des cients de l’époque a déclenché le boulet de canon : c’est ainsi que sont nés Blogspot, Skyrock et autres 20six, admirablement mis en interaction via le langage RSS.
Les gens ne tarderont pas à être fascinés par cette noosphère qui continuera de s’étendre, ils ne s’arrêteront pas là et demanderont plus d’interactivité; la fulgurante avancée technologique dans le multimédia les aideront fortement. La progession de l’imagerie numérique et de la prise de vidéo créera YouTube et ses homologues (dailymotion), Flickr (photo) et tant d’autres plate-formes de podcasting, telles que MySpace. Les langages web se prêtent au besoin, les interfaces se parent de scripts Ajax, mettant en place un dynamisme efficace en temps réel.

Aujourd’hui les entreprises saisissent cette perche au vol, il est effectivement visible que ce phénomène a bien renfloué les boites novatrices, mais ne verra-t-on pas à nouveau les échecs qu’on a pu connaitre au début des années 2000 ? A quoi donc ressemblera le “web 3.0″ dès que la version 2 n’aura plus rien à prouver ? A quoi ressembleront les besoins de l’internaute 3.0 ???

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